La vengeance est un plat qui se mange froid.
La réalité dépasse parfois la fiction ; les tribulations de l'équipe Nicolardot, qui a gagné l'élection municipale, en mars 2020, à Sablé, sont tellement incroyables et imprévisibles que personne n'aurait imaginé un tel scénario il y a 6 mois. Les Saboliens n'avaient pas besoin de ce mauvais vaudeville. Quoi qu'il en soit, la guerre ouverte entre le nouveau maire et son ex première adjointe donne lieu à un tel déballage de linge sale qu'on se demande quand le duel au bazooka va s'achever.
Pourtant, il y a 6 mois, tout paraissait baigner dans l'huile entre l'habitant de Précigné et la fille de Bachir Laouar. J'ai expliqué, dès le 11 avril, les tenants et aboutissants de l'accord mais je ne savais pas tout (https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2026/04/premieres-impressions.html) même si les déclarations de l'adjointe évincée confirment - dans ses grandes lignes - mon propos. Je vous invite à tout lire attentivement, y compris la déclaration du parachuté de Pirmil qui ne manque pas de saveur à la lumière des évènements récents.
Le meilleur exemple de cette entente, apparemment cordiale, fut le numéro de duettistes auquel se sont livrés le nouveau maire et son/sa bras droit, le 28 avril 2026 : https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2026/05/avis-de-tempete-sur-les-fiances-saboliennes.html et https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2026/05/avis-de-tempete-sur-les-finances-saboliennes-2.html. Autre élément accréditant un arrangement au sommet : les cadeaux faits au C.I.C.S. lors du vote des subventions pour l'année 2026 : 2 750 euros plus un local (https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2026/07/subventions-complements.html)
Puis il s'est produit un évènement surprenant : le maire ne s'est pas déplacé pour saluer la fête interculturelle, tenue à bout de bras par le C.I.C.S., le 6 septembre. Pourquoi ? Nous avons été fixés dès le lendemain quand Benoît Nicolardot a annoncé qu'il retirait toutes les délégations de sa première adjointe. La guerre était déclarée entre le maire et le reste de sa majorité, d'une part et la famille Laouar d'autre part. Les Saboliens déjà surpris par la démission, deux mois plus tôt, de l'adjoint à la culture (https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2026/07/demissions.html) se sont demandés quelle mouche a piqué l'avocat.
Ils n'ont pas attendu longtemps pour avoir les deux sons de cloche diffusés par une rafale de communiqués, conférences de presse et déclarations au Conseil Municipal du 21 septembre.
La purgée, tout d'abord. Elle confirme qu'il y a eu un accord au sommet entre Benoît Nicolardot et Bachir Laouar. Ce dernier prétend que c'est grâce à lui que le Précignéen a emporté la mairie de Sablé et précise qu'il a fait voter 483 électeurs en sa faveur. Entre parenthèse, on peut admirer la précision du chiffre qui, de toute façon est invérifiable. Cette "révélation" a fait bondir les amis de Nicolas Leudière qui affirment qu'on leur a "volé" l'élection car, selon eux, sans cet apport décisif, leur poulain gardait son siège ; pures supputations. Ensuite, elle annonce qu'elle ne se sentait pas à l'aise dans l'équipe majoritaire et dénonce les connivences entre la nouveau maire et le R.N. et son allié U.D.R. ; j'avais déjà évoqué le sujet mais, désormais, il y a plus qu'un faisceau de présomptions (https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2026/06/etrange.html). Elle revendique son attitude de "cost killer" inflexible ce qui - en creux - laisse entendre que l'équipe municipale continue à gaspiller les deniers communaux. Et, enfin, elle déclare qu'elle se situe désormais dans l'opposition par rapport à l'équipe Nicolardot tout en allant plus loin encore : considérant qu'elle a été humiliée, elle attaque le maire au tribunal administratif en soulevant des anomalies en tout genre et elle a toutes les chances de gagner sur certains points. Cerise sur le gâteau : elle confirme qu'elle restera membre du Conseil Communautaire. Enfin, pour enfoncer le clou, Bachir Laouar et le président du C.I.C.S. (élu de Parcé) révèlent que l'une des bases du compromis était la mise en place d'un carré musulman dans le cimetière ; Nicolardot se serait rendu compte que ce n'était pas possible. Or, chose promise, chose due.
Gênés aux entournures, le maire et son équipe vont essayer de répliquer plus ou moins adroitement. Pour eux, c'est le comportement de Mme Laouar qui a précipité la crise ; en gros, il était devenu impossible de travailler avec elle et elle menaçait gravement la cohésion de l'équipe. La preuve : lors du vote, lors du C.M. du 21 septembre, devant confirmer le retrait de délégation, tous les élus de la majorité restante ont soutenu le maire. Jusqu'à la prochaine crise ??? Par contre, concernant ses relations avec l'extrême-droite et la droite extrême, le maire a semblé fort embêté. Il est vrai que le R.N. local ne lui facilite pas la tâche : pendant la campagne, le chef de file de la liste lepéniste avait révélé que son parti avait proposé un accord avec Nicolardot ; désormais, les deux élus R.N. votent systématiquement avec le maire confirmant que l'union des droites est en marche chez nous. Il prétend donc mollement qu'il n'a pas d'attache partisane et qu'il est prêt à débattre avec tout le monde. D'autres révélations relayées par la presse laissent entendre que Malica Laouar est arrivée sur le tard dans l'équipe des candidats et qu'elle ne faisait déjà pas l'unanimité mais, aussi, que le choix d'un parachuté comme tête de liste puis de la fille du responsable de fait du C.I.C.S. contrariait les plans d'un ancien élu qui se serait bien vu maire voire premier adjoint ; l'allusion est transparente. Par contre, ce qui est certain c'est que le maire n'avait sans doute pas anticipé la violente réaction de Malica Laouar; je pense qu'ils avaient conjecturé qu'elle démissionnerait sans en faire un plat. Comme dirait Alcazar "Caramba ; encore raté".
Et maintenant ? Malica Laouar claironne "Je me suis trompée de liste". Est-ce vraiment sûr ? Elle se situe quand même à droite et elle ne pouvait pas figurer sur la liste de gauche pas plus que sur celle de Leudière (bien que dernier soit tout autant de droite) et, encore moins, sur celle du R.N. Quant à son père et à ses amis, ils vont devoir sérieusement réfléchir à modifier l'orientation de leur association qui courrait à la catastrophe en apparaissant comme une succursale de l'équipe municipale et le porte voix d'une partie de la population musulmane (j'y reviendrai). Le maire est tout content de vanter la cohésion retrouvée de son équipe mais il a perdu 6 mois. Quant à la gauche, elle doit continuer à dénoncer ce mauvais vaudeville mais elle doit, surtout, prendre des initiatives pour défendre les intérêts de tous les Saboliens. A suivre.
Tiercé dans le désordre (encore)
Les élections sénatoriales ont donc eu lieu en Sarthe - comme dans de nombreux autres départements - le dimanche 27 septembre 2026, pour élire les 3 sénateurs du département à la proportionnelle. J'avais évoqué ces élections dans un article paru il y a quelques semaines et j'avoue que je m'étais largement trompé : https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2026/09/senatoriales-2026-en-sarthe.html.
En effet, contrairement à ce que je supposais, le siège de Thierry Cozic, sénateur P.S. sortant, n'a pas été menacé et, au contraire, il est sorti grand vainqueur de ce scrutin en virant nettement en tête et augmentant son résultat de 122 voix passant de 351 suffrages en 2020 à 473 en 2026. Il se paie le luxe de devancer le second élu, le sortant divers droite (en fait L.R.) Jean-Pierre Vogel de 176 voix ! La liste P.S. aurait, peut-être pu faire mieux car il n'a manqué que 40 voix à celle-ci pour rafler un deuxième siège et créer une énorme surprise.
Comment expliquer ce gain spectaculaire alors que, sur le papier, les socialistes ne semblaient pas fringants ? En fait, il y a eu un très puissant "vote utile" aux dépens de la liste P.C.F. + Verts + divers gauche. En 2020, les listes communistes et écologistes avaient réuni respectivement 94 et 132 voix soit un total de 226 suffrages. En 2026, l'union n'obtient que 55 votants (- 171). Certes, plusieurs élus écologistes et communistes ont été battus ou ne se sont pas représentés en 2026 ; certes, également, L.F.I. a réussi à récolter 32 électeurs ; certes, Marietta Karamanli avait appelé à voter Cozic mais les grands électeurs n'ont pas été convaincus.
En ce qui concerne la droite, la division a été particulièrement cruelle et a failli mener à la catastrophe. Vogel perd gros : -188 voix, passant de 485 à 297. Le Mèner, successeur désigné de de Nicolaÿ, perd 40 voix par rapport à l'ancien sénateur ne récoltant que 256 suffrages contre 296 en 2020. On a donc 228 voix en moins pour les favoris de la droite qui réussissent quand même à passer.
Première explication : la percé spectaculaire de la liste Le Pen qui gagne 171 voix par rapport à 2020 passant de 22 suffrages à 193. On s'attendait à une progression assez nette après leur victoire à La Flèche, le gain d'élus au Mans et à Sablé mais quand même ! Il faut supposer qu'ils ont des élus sans étiquette cachés un peu partout dans le département mais ça n'explique pas tout. Ils ont su convaincre une élue divers droite de figurer sur leur liste ce qui a pu attirer des grands électeurs de cette mouvance. Le ralliement des amis de Dupont-Aignan a dû ajouter quelques voix.
L'autre cause est la concurrence, que je n'avais pas du tout anticipée, de la liste d'Amécourt qui atteint 108 voix. Il est parti assez tôt et a pu trouver des colistiers connus ; pourtant, il avait failli perdre son siège de maire il y a 6 mois ! Pour expliquer son succès relatif, on peut évoquer, également, son statut de responsable national d'exploitants forestiers. Quant au candidat permanent, Didier Barbet, il réussit l'exploit de glaner 5 voix supplémentaires sans grand électeur connu.
Julie Delpech, députée macronienne, a fait moins bien que sa mère en 2020. Elle perd 25 voix passant de 121 à 96. On peut supposer que la perte de Sablé explique une partie de ce recul. Autre explication possible : une petite évasion vers la liste Cozic.
Question subsidiaire : pour qui ont voté les 33 élus de Sablé ? Une seule certitude : les 2 élus R.N. ont voté pour leur patronne. Est-ce que d'autres élus (à commencer par Nicolardot), ont voté pour la famille Le Pen ? Pas impossible si l'on en croit les révélations de Malica Laouar, première adjointe déchue (qui, elle, n'a pas voté R.N.). Pourtant, Daniel Chevalier, le mentor du maire de Sablé, figurait sur une liste de la droite "classique", celle de Le Mèner. Par contre, il est probable que la plupart ont voté Vogel ou Le Mèner ou d'Amécourt. Quant aux élus de la liste Leudière,, certains ont dû voter Delpech et, peut-être, d'autres Cozic.
Pour comparer avec 2020 : https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2020/09/tierce-dans-le-desordre.html
Sénatoriales 2026 en Sarthe
Les élections sénatoriales auront lieu dans la Sarthe, le 27 septembre. Il s'agit d'un scrutin de liste proportionnel : chaque liste doit comporter 5 noms avec alternance homme/femme (j'aurais pu l'écrire dans le sens inverse mais 80 % des listes annoncées seraient dirigées par des hommes). Il y a 3 sièges à pourvoir mais il est prévu 1 suppléante et 1 suppléant. Le dépôt doit se faire entre le 7 et le 11 de ce mois mais on connaît, à peu près, le nom des concurrents.
En 2020, les 3 élus étaient, d'une part, 2 sénateurs de droite : Louis-Jean de Nicolaÿ (qui ne se représente pas) et Jean-Pierre Vogel, ancien maire de Bonnétable et, d'autre part, 1 sénateur socialiste : Thierry Cozic, ancien maire d'Arnage. Voir : https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2020/09/tierce-dans-le-desordre.html
Le suspens semble limité malgré les rodomontades de certains.
Deux listes sont assurées d'obtenir - au moins - 1 sénateur. Ce sont 2 listes de droite. L'une est dirigée par Jean-Pierre Vogel. En 2020, il avait viré en tête et, comme il a écumé toutes les manifestations officielles, on voit mal comment il pourrait perdre. La seconde liste est conduite par un poids lourd : Dominique Le Mèner, président du Conseil Départemental et ancien député qui a, dans son équipe, Emmanuel Franco, président de l'association des maires de la Sarthe. Bref : une notoriété incontestable. La principale question est donc de savoir qui sera le premier. Une autre question étant : est-ce que l'une des deux listes peut espérer ravir un deuxième siège ?
En effet, s'il y avait une seule surprise à l'occasion de ces élections ce serait un net recul des voix du sénateur socialiste et l'échec de celui-ci. Car le PS et ses alliés ont perdu quelques communes ; tout particulièrement La Flèche. Inversement, ils se sont renforcés au Mans, à Arnage et Coulaines.
Les autres listes n'ont aucune chance et elles le savent. Le but recherché est autre : se faire connaître voire améliorer le score obtenu par une liste semblable en 2020 et, éventuellement, trouver des parrainages en vue de la présidentielle.
Il y a 4 listes qui devraient tourner entre 50 et 200 voix :
- La liste d'union Verts + PCF + divers gauche obtiendra sans doute moins que le total des 2 listes Verts et PCF en 2020 (226 voix) du fait du retrait de 2 maires communistes, de la concurrence de LFI et de la perte de quelques élus ici ou là mais elle devrait finir 4ème
- La liste macronienne dirigée par Julie Delpech, députée et fille de l'ancienne candidate macronienne de 2020, peut espérer faire aussi bien qu'en 2020 mais ce sera, sans doute, un espoir déçu car les élus d'Horizons ne voteront pas pour elle mais elle devrait dépasser les 100 voix.
- La liste R.N. qui sera conduite par Marie Caroline, parachutée et battue en 2024 mais qui continue à y croire. Son parti a gagné La Flèche et a, désormais, des élus au Mans sans oublier la prise de guerre d'une élue d'un petit village qui ose essayer de faire croire que de Gaulle les soutient. Toute honte bue ! Ils ne devraient pas dépasser les 100 voix car ils auront de la concurrence.
- La liste surprise dirigée par le maire d'Avoise qui, en fait, est un marchepied pour la candidature Lisnard. Elle pourrait semer la confusion mais son score ne sera pas mirobolant.
La France Insoumise n'avait pas participé aux sénatoriales en 2020. Elle présente désormais une liste dirigée par un ancien maire. Un certain nombre d'élus de gauche peuvent hésiter entre les mélenchonistes et la liste d'union PCF - Verts - divers gauche, sans parler d'élus "sans étiquette" mais Insoumis. Cependant, il est fort peu probable qu'elle crée la surprise car, hormis Mamers et, peut-être une autre commune, LFI n'a, à ma connaissance, aucun "grand électeur" dans les principales villes.
Les deux autres listes (dont on ne connaît pas la composition à ce jour) n'ont strictement aucune chance : celle des amis de Dupont Aignan, qui, pourtant, a recruté un conseiller régional ex - R.N. et celle présentée avec constance par un indépendant (mais très à droite)
Voyager il y a 50 ans (18)
Suite du périple de 1976 en Amérique du Nord (pour voir les précédents articles : https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2026/07/voyager-il-y-a-50-ans-14.html puis https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2026/07/voyager-il-y-a-50-ans-15.html ensuite https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2026/08/voyager-il-y-a-50-ans-16.html et https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2026/08/voyager-il-y-a-50-ans-17.html). Aujourd'hui, j'évoquerai mon séjour au Québec (et mon retour à New York).
Je suis resté 13 jours dans "La Belle Province" que j'ai parcourue en de courtes étapes. Donc, le 17 août, je traverse la Restigouche et je longe la côte sud de la Gaspésie qui est une alternance de petites anses consacrées à la pèche et à l'agriculture ; une partie de la population (et des toponymes) est anglophone. Première halte à Percé célèbre pour son île dont le rocher est percé (une sorte d'Étretat). Puis, le plus spectaculaire est à venir avec la côte nord et nord-ouest : des falaises de plusieurs centaines de mètres (parfois, la route n'a pas d'autre solution que de passer au ras des flots) alternent avec des anses ; c'est plus spectaculaire que le pays de Caux ; la seconde halte est à Mont Saint Pierre. On ne voit pas la rive du nord de l'embouchure du Saint Laurent à tel point que l'on se croit au bord de la mer d'autant qu'il y a des marées significatives. Puis l'altitude décroît et on arrive dans la région du Bas Saint Laurent où je passe une nuit à Rivière du Loup où la rivière en question ne peut rejoindre la mer que par une chute ; phénomène fréquent que l'on retrouve à Lévis avec la rivière Chaudière ou à Montmagny ; nombre de ces chutes ont été équipées pour fournir de l'énergie.
Je traverse, ensuite le Saint Laurent jusqu'à Saint Siméon puis, en remontant vers le nord, je traverse le "fjord" du Saguenay entre Baie Sainte Catherine et Tadoussac. Pendant 3 jours, je quitterai la vallée du Saint Laurent en empruntant les rives de la Saguenay (que je verrai peu) puis en effectuant presque le tour du lac Saint Jean puis en descendant la rivière Saint Maurice. Je passe à Chicoutimi, Dolbeau, La Tuque avant de retrouver le fleuve à Trois Rivières. On circule sur le versant du "bouclier canadien" où la colonisation industrielle spectaculaire (barrages, "alumineries", "papetières", "moulins à scie") a, parfois, précédé la colonisation agricole (la spécialité du lac Saint Jean ce sont les "bleuets", c'est à dire des myrtilles cultivées) ; la forêt n'est jamais loin non plus.
De Trois Rivières jusqu'à Québec, nous longeons la rive nord du Saint Laurent, intensément cultivée. La "capitale nationale" est une très belle ville - seulement enlaidie par le fameux "château Frontenac" - qui est, de toute évidence, la plus "européenne" des villes d'Amérique du Nord. J'y passerai 3 nuits et 2 jours et demi pour visiter et découvrir, dans les abords, l'île d'Orléans (réputée pour ses villages "authentiques"), les chutes de la rivière Montmorency et la "réserve" huronne de Wendake.
Le 27 août, j'emprunte le traversier pour aller à Lévis (il faut rappeler qu'il n'y a toujours que 2 ponts pour franchir le fleuve et le plus récent ne date que de 1970). .Je quitte le fleuve, ensuite, pendant 1 jour et demi : tout d'abord, direction sud-est en remontant la rivière Chaudière (c'est la Beauce, riche région agricole) puis en bifurquant vers le sud - sud-ouest en traversant le pays de l'amiante, "or blanc" devenue tristement célèbre (tout le paysage était plongé sous une fine couche de poudre blanche et je n'ose imaginer la santé des habitants ; le nom d'un des villages est Asbestos qui a donné son nom à la terrible maladie). Après un arrêt à Sherbrooke (construite autour d'une chute comme Tampere/Tammerfors que je découvrirai 4 ans après), je retrouve Montréal.
Je reste 3 jours et demi dans la grande métropole du Québec et dans les environs (les basses Laurentides). Les Jeux Olympiques viennent de s'achever et je découvre le stade. La ville est moins jolie que Québec mais elle est très diverse et assez agréable à visiter.
Le 31 août, je prends le bus grande ligne pour rejoindre New York par la vallée du lac Champlain et celle de l'Hudson. Je resterai 2 jours dans la plus grande ville des États-Unis mais je me contenterai de Manhattan ce qui est déjà beaucoup pour une métropole qui comptait une population triple de celle de Paris à l'époque.
Le 2 au soir, je m'embarque pour Bruxelles puis je prends le bus pour Paris et je retrouve ma banlieue en fin d'après-midi du 3 septembre. Je suis un peu "groggy" (fatigue du périple, manque de sommeil et de nourriture, décalage horaire, sécheresse) mais heureux.
A suivre.
Voyager il y a 50 ans (17)
Suite de mon périple de 1976 en Amérique du Nord. Dans l'article précédent (https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2026/08/voyager-il-y-a-50-ans-16.html), j'évoquais la première partie de ma découverte du Canada. Le 9 août, je rentre au Québec où je passerai pas mal de temps en 2 périodes entrecoupées par un détour par les "Maritimes".
Le 10 août, j'emprunte un bus qui, après la sortie de l'agglomération montréalaise, descend la vallée du Saint Laurent, par la rive droite, jusqu'à Rivière du Loup. Dans cette petite ville, nous quittons l'estuaire de plus en plus large pour bifurquer plein est - sud-est et franchir un col entre les chaînons des Appalaches québecoises pour redescendre dans la vallée de la Madawaska où s'est installée la communauté des "Brayons", Acadiens du nord-ouest du Nouveau-Brunswick. Le centre de cette région francophone est Edmunston. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, cette ville était francophone à 95% à l'époque mais la plupart des affichages officiels ou privés étaient rédigés en anglais. La première loi concernant le bilinguisme au Canada et au Nouveau-Brunswick ne datait que de 1969 et il faudra attendre une nouvelle loi en 1982 pour que cette province devienne réellement bilingue comme je m'en rendrai compte en y circulant 40 ans après mon premier passage.
Le lendemain, quelques dizaines de kilomètres plus loin de cette ville, après Great Falls (qui ne se nomme pas encore Grand Sault), on retrouve le Canada anglophone. Les paysages verdoyants de forêts et de prairies sont toujours les mêmes mais il y a deux différences pour un oeil observateur : dans les régions francophones, l'église (catholique, par définition) trône au milieu du village et l'organisation du territoire est régie par la système du "rang" ce qui contraste avec les temples protestants dispersés au milieu des parcelles géométriques des "townships" (nommés généralement "cantons"). Nous longeons la rivière Saint Jean (Saint John) jusqu'à la ville éponyme, principale agglomération (mais pas capitale) du Nouveau-Brunswick ; l'arrivée est magnifique : ça tient de la rade de Brest et de l'estuaire de la Rance (car il s'agit d'une "ria" donc le niveau du fleuve varie en fonction de la marée (j'en reparlerai). Ville très agréable au style assez "européen". Le lendemain, 12 août, je prends la bus pour Moncton, ville majoritairement anglophone mais siège de la seule Université francophone des 4 provinces "maritimes". De là, j'utilise le "pouce" pour effectuer un aller-retour jusqu'à la baie de Fundy, célèbre pour ses marées les plus importantes au monde (plus qu'au Mont Saint Michel) ; c'est, effectivement très impressionnant de voir à quelle vitesse les rochers se découvrent (nous y retournerons 40 ans après et nous serons déçus d'autant que l'entrée est devenue payante entre temps). Le soir, je loge à l'A.J. de Shediac, port réputé pour ses produits de la mer (le lendemain, j'achèterai une demi livre de homard et une livre de palourdes tout préparées, pour un prix très faible).
Le lendemain ne sera pas vraiment un jour de chance (mais on est un vendredi 13 !). Je poserai bien les pieds sur l'Ile du Prince Édouard en empruntant un "traversier" (le pont n'était ,pas encore construit) mais je ne pourrai pas rejoindre l'A.J. et je dormirai à la belle étoile. Le 14, je retourne sur le continent et après des péripéties, je me dirige vers Sydney, à la pointe nord-est de la Nouvelle Écosse. et le l'île du Cap Breton qui ressemble à l'image que l'on se fait de l'Écosse justement avec lacs, forêts, marais et landes.. Je dimanche, je prends le bus pour Halifax, principale ville des Maritimes. J'y reste une journée : il pleut, il faut que je souffle un peu et j'ai dû attraper un peu froid.
Le 17, je file vers l'ouest- nord-ouest en longeant, en partie, la Baie des Chaleurs. On alterne les villages francophones et les villages anglophones. Les activités essentielles sont la pêche et les industries du bois ou de la sidérurgie. Le soir, je suis à Campbellton qui est en territoire acadien ; pendant près de 2 semaines, je ne parlerai que français car, de l'autre côté de la rivière Ristigouche, on entre au Québec.
A suivre
Voyager il y a 50 ans (16)
Suite de mon périple de l'été 1976 en Amérique du Nord (voir : https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2026/07/voyager-il-y-a-50-ans-14.html et https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2026/07/voyager-il-y-a-50-ans-15.html).
Le 28 juillet, en fin d'après-midi, je rentre au Canada. J'y resterai 4 semaines et demi en parcourant la Transcanadienne, quasiment sur toute sa longueur (je ne suis pas allé à Terre-Neuve) c'est à dire sur près de 7 000 km (ici, une photo du mile zéro prise une quarantaine d'années plus tard : https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2022/05/finisterres-2.html) puis je reviendrai sur mes pas pour mieux connaître les Provinces Maritimes, le Québec et terminer par 2 jours à New-York avant de reprendre l'avion.
Ma première halte est Victoria, capitale de la Colombie Britannique ; elle est située sur l'île de Vancouver qu'il ne faut pas confondre avec la ville éponyme qui, elle, se situe sur le continent (on a le même problème avec l'État américain du Washington, dont la principale ville est Seattle, qui se situe à 5 000 km de la ville du même nom). Je visite un peu cette ville charmante ; le soir, l'auberge de jeunesse est installé dans un gymnase où nous dormons sur des lits de camp mais, par le plus grand des hasards, en regardant la télévision pour la première fois, j'ai la chance d'assister, en direct, à la victoire de Guy Drut sur le 110 mètres haies aux Jeux olympiques de Montréal.
Le lendemain, j'emprunte le bus pour rallier le traversier qui, en serpentant entre des îles, nous mène aux portes de Vancouver où j'arrive en début d'après-midi après un petit peu de bus. La grande ville de l'Ouest canadien est installé sur un site magnifique et est très verdoyante. On rencontre très peu de Noirs ; par contre, les Chinois représentent (à l'époque) au moins 10 % de la population et il n'est pas rare de croiser des Autochtones.
Le 30 juillet, j'entame ma "marche vers l'Est". Ma première étape est Kamloops située à 450 km. Plus on va vers l'est, plus le climat est sec ; on passe de la forêt de conifères du Pacifique (https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2018/10/chroniques-canadiennes-20.html) à une zone de culture extensive des céréales. Le lendemain, la route s'élève mais, à la différence de ce que l'on observe dans les Alpes, il n'y a pas de lacets : on monte tout droit jusqu'à un peu plus de 1 600 m. au Kicking Horse Pass, frontière entre la Colombie Britannique et l'Alberta. Par ailleurs, autre différence de taille avec les montagnes européennes (c'était déjà le cas dans les Rocheuses étasuniennes), il n'y a quasiment personne : aucune vie pastorale, quelques exploitations forestières. C'est le tourisme qui fait vivre les Rocheuses canadiennes dans la mesure où une bonne partie des terres est englobée dans des parcs nationaux. A ce sujet, je signale qu'il est arrivé que l'on chasse des habitants qui avaient eu l'idée farfelue de violer la "nature sauvage" ; ce sera le cas d'une Première Nation (ou Amérindiens) à Banff et, surtout, d'un clan Métis (voir la définition : https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2015/11/chroniques-canadiennes-10.html) à Jasper sans parler du presque millier de résidents d'origine canadienne-française ou jersiaise du parc de Forillon au Québec (https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2017/09/chroniques-canadiennes.html). La descente vers Banff, grande station touristique de l'Alberta, se déroule au milieu de la forêt. Le site de la localité est un enchantement pour un géomorphologue (glaciers suspendus, synclinaux perchés, pendages spectaculaires dans les schistes métamorphiques, lacs glaciaires) et pour les amoureux des animaux (j'ai vu des chèvres de montagnes et ma voisine de car a reconnu des ours).
Après presqu'une journée au vert, je descend rapidement vers la Prairie canadienne, tout aussi monotone que son homologue située de l'autre côté de la frontière. Près de 1 500 km entre Banff et Winnipeg que je parcours pendant un peu plus de deux jours avec des haltes à Calgary et Regina. Jusqu'à la fin du deuxième tiers du XIXème siècle cette immense étendue n'était habitée que par des Autochtones (Indiens et Métis) qui seront brutalement spoliés malgré la révolte de Louis Riel (exécuté en 1885). Pour la mise en valeur, on fera venir des colons européens et non pas des Canadiens-français qui, eux, devront aller travailler dans les usines de Nouvelle-Angleterre (voir : https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2024/10/les-francophones-en-nouvelle-angleterre.html). Les paysages alternent des prairies et des cultures de céréales (comme le semis se fait au printemps, la moisson n'avait pas encore eu lieu début août) ; de loin en loin d'énormes silos le long de la voie ferrée, des fermes isolées, quelques villages ou des villes et, des puits de pétrole (le pétrole de schiste n'était pas exploité à l'époque et, de toute façon, les puits se trouvent plus au nord).
Le 3 août au soir, j'arrive à Winnipeg, la capitale du Manitoba, créée par les Français sous le nom de Fort Rouge et qui fut le centre du peuplement Métis le long de la Rivière Rouge dont un des affluents se nomme la Seine. Le soir même, j'assiste à un match de football américain ; je ne connaissais ce sport que de nom ; ça tient du football tel que nous le connaissons et du rugby mais c'est extrêmement violent et la partie dure très longtemps car elle est interrompue par de nombreux temps morts. Le lendemain, je visite la ville et son faubourg de Saint Boniface. Contraste spectaculaire entre ce quartier largement francophone où je mange dans un restaurant typique et où je visite les principaux lieux historiques et le reste de l'agglomération où il est impossible de trouver la moindre trace de la langue française (y compris dans un grand musée alors que, pourtant, le français est langue officielle à égalité avec l'anglais).
Le 5 août, de bonne heure, je quitte la capitale du Manitoba pour rejoindre Toronto. Long voyage de 810 miles (à l'époque, le Canada n'avait pas encore adopté le système métrique) c'est à dire un peu plus de 1 300 km que je parcours en une trentaine d'heures. pendant la plus grande partie du trajet, il n'y a que la forêt "hudsonienne", c'est à dire une forêt boréale de conifères (et de bouleaux). En longeant le lac Supérieur, on traverse les ports de Thunder Bay et Sault Sainte Marie qui exportent les céréales des Prairies. Plus loin, ce sont les mines de nickel de Sudbury. En cours de route également, pour la première fois, je longe des "réserves" indiennes (lieux de déportation, misérables, des "Premières Nations").
Le 6 août, dans le courant de l'après-midi, j'atteint le centre de Toronto, la plus grande ville du Canada et capitale de l'Ontario, province la plus peuplée (du nom du lac auprès duquel on a construit la ville). Je visiterai la ville pendant l'équivalent d'une journée et demi ; la population est très cosmopolite ; la ville est hérissée de gratte-ciels mais demeure très verte ; le samedi est animé mais le dimanche, on croise peu de monde car les habitants restent dans leur banlieue comme aux États-Unis. Je consacrerai une petite demi journée pour faire un aller-retour afin d'admirer les chutes du Niagara, spectaculaires comme je m'y attendais mais situées en peine ville ; en passant, on voit les usines sidérurgiques de Hamilton et les écluses du canal Welland qui permettent de contourner les chutes.
Le dimanche 8 août, dans l'après-midi, je pars pour Ottawa, la capitale fédérale située sur la rive sud de la rivière des Outaouais qui forme la frontière avec la province du Québec. Après avoir logé sur place, je découvre, le lundi matin, une ville de fonctionnaires en costume-cravate aux nombreux bâtiments administratifs de style "victorien" ; le site (sur une colline) est sympathique et j'admire l'escalier d'écluses du canal Rideau.
Je reprends le bus direct pour aller à Montréal où j'arrive en début d'après-midi. En chemin, entre Toronto, la capitale et la deuxième agglomération du Canada, on traverses beaucoup de zones industrielles et urbaines mais, également, des campagnes nettement plus peuplées que je que j'ai observé jusque là au Canada. Cultures, prairies, forêts (forêt mixte de conifères et feuillus dite "forêt laurentienne"). On distingue assez aisément les zones anglophones ("townships") et les zones francophones (avec le système du "rang").
Le lendemain, je quitte le grand port sur le Saint Laurent et je me dirige vers le nord puis l'est.
A suivre.
Voyager il y a 50 ans (15)
Suite de l'évocation de mon périple nord-américain de 1976 (voir : https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2026/07/voyager-il-y-a-50-ans-14.html).
Donc, après avoir passé un jour et demi à New-York, pour effectuer diverses démarches et commencer à découvrir la "grosse pomme", je me suis rendu à la gare routière pour emprunter, le 20 juillet à 13 h, un bus ralliant Philadelphie. Le quartier historique (quelques pâtés de maison) s'est refait une beauté car la ville célèbre le 200ème anniversaire de la Déclaration d'Indépendance proclamée dans un bâtiment en brique de ce qui fut la capitale provisoire des futurs États-Unis d'Amérique. Le lendemain matin, je pars pour Washington, ville nouvelle créée pour devenir la capitale. J'y déambule dans les larges avenues pendant tout l'après-midi, sous une chaleur humide épuisante. Pendant quasiment tout le trajet depuis New-York (au moins jusqu'à Baltimore), je ne verrai pas la campagne ; nous sommes dans ce qui est, à l'époque, l'ensemble industriel et urbain le plus vaste du monde (et qui se poursuit, au nord, jusqu'à Boston où je ne me suis rendu qu'en 2024) : un géographe français a parlé de "Megalopolis" (à l'époque, elle regroupe environ 50 millions d'habitants).
Le 22 au matin, je quitte la côte Atlantique, pour filer vers les Grands Lacs. En fin de matinée, la pluie arrive ; je la rencontrerai à plusieurs reprises, surtout en août. Je signale ce phénomène météorologique car la France connait, à ce moment-là, une des pires sécheresses de son histoire. Cette journée me permet de découvrir les Appalaches célèbres, à la fois, pour leurs montagnes verdoyantes mais, également, pour leur industries lourdes situées entre le versant nord-ouest et les Grands Lacs (le "manufacturing belt"). L'arrivée sur Pittsburgh est saisissante avec le quartier des aciéries, situées en plein centre-ville, au carrefour de la Monongahela et de l'Allegheny (qui forment l'Ohio). Je finis la journée à Cleveland, autre centre sidérurgique situé sur le lac Érié. Le lendemain, je me dirige vers l'ouest en traversant le "dairy belt" (zone d'élevage laitier) avant de retrouver les usines dans la banlieue de Chicago, métropole de la région que je visite l'après-midi.
Le 24 juillet, je démarre à 7 h du matin, pour un voyage au long cours de plus de 30 heures quasiment "non stop". Pendant 80 % du temps, nous traversons les "grandes plaines centrales". Nous emprunterons alternativement l'interstate 90 et l'interstate 94. Il s'agit, comme leur nom l'indique, de routes trans-américaines ; dans le meilleur des cas, ce sont des autoroutes ("highways"). Désormais, nous rencontrerons peu d'industries mais des paysages agricoles de plus en plus monotones : c'est, tout d'abord, la fin du "dairy belt" puis on aborde le "corn belt" ("ceinture du maïs") agrémentés de forêts et de lacs. Nous traversons le Mississipi à Minneapolis où je fais un tour, en milieu d'après-midi, en profitant du fait que le bus a 1 heure d'avance.
Quelques heures plus tard, après Saint Cloud (je ne cite pas cette bourgade par hasard), il se met à faire nuit et les passagers s'endorment. Réveil brutal à Fargo pour un changement de bus et 1 heure d'attente en pleine nuit. Je me rendors à nouveau et, quand je me réveille, nous avons quitté les zones humides pour traverser des régions de plus en plus sèches où pousse le blé ("wheat belt") puis les cultures n'existent plus que dans les vallées irriguées avant de laisser la place à l'élevage extensif. La route s'élève progressivement (ce sont les "hautes plaines"). Dans ces régions, la route est rectiligne sur des centaines de kilomètres ; la population est de plus en plus clairsemée ; la circulation est réduite. Le conducteur bloque le compteur à la vitesse maximale de 55 miles/heure (environ 90 km/h) et, éventuellement, 70 miles/heure (un peu plus de 110 km/h) mais le paysage est si monotone (malgré les méandres de la rivière Yellowstone et le contournement des "Bad Lands") que l'on a l'impression de ne pas avancer. Après Billings, où on arrive vers midi, le paysage est moins aride : nous traversons des pinèdes. Cela fait des heures que nous apercevons les Rocheuses et nous y sommes enfin ; à Livingston, l'altitude dépasse les 1 300 mètres. Je quitte le car Greyhound après avoir parcouru près de 1 400 miles (environ 2 250 km).
En effet, il faut emprunter un car local pour se rendre dans le très vaste (9 000 km²) parc national de la Yellowstone (du nom de la rivière qui le traverse). J'ai eu de la chance, en sympathisant, en cours de route, avec 4 autres touristes : un suisse francophone parlant également l'allemand, un ami à lui ne parlant que le schweitzerdeutsch, une américaine parlant un excellent français et une amie danoise, de mère française, maîtrisant une bonne demi-douzaine de langues ; nous devisons donc en français ! Nous louerons un chalet pour 2 nuits ce qui réduit singulièrement les coût ; je retrouverai une personne du groupe, 1 mois plus tard, à New-York.
Grâce à une excursion à la journée, nous pouvons découvrir toutes les merveilles du parc : le fameux geyser "Old Faithful" (le vieux croyant) qui jaillit entouré d'un millier de personnes qui font toutes crépiter leur flash au même moment, une chute, un profond canyon, un merveilleux lac d'altitude et des fumerolles partout qui éclairent la nuit.
Le 27 juillet, je quitte le parc de bonne heure pour récupérer la grande route à 210 kms de là et tracer mon chemin vers l'Ouest . Parti de bonne heure, j'aurai la chance de voir le geyser sans touriste, un bison et un cervidé (j'apercevrai un ours une autre fois). Encore une quinzaine d'heures de car et une demi nuit dans le car pour atteindre le Pacifique (ou plutôt un golfe nommé Puget Sound à 3h du matin. La région est montagneuse (on monte jusqu'à près de 2 000 m.), les paysages sont plus sauvages et la région est très peu peuplée, hormis dans quelques régions minières (la ville de Butte dont la "butte" a été arasée pour trouver du cuivre, ou la mine d'Anaconda). Après Spokane, ce sont des plateaux consacrés à la culture du blé mais je me suis endormi. Je me réveille donc au milieu de la nuit à Seattle, jolie ville que je visite toute la matinée puis je me dirige vers le détroit de Juan de Fuca en alternant ferry et bus. Le mont Rainier, remarquable cône volcanique culminant à près de 4 400 mètres.
Après avoir traversé le détroit orienté ouest-est (donc très venté), je débarque dans la ville de Victoria au Canada.
A suivre...
Voyager il y a 50 ans (14)
C'est l'été et, donc, l'occasion de poursuivre cette série rétrospective commencée en août 2017 (voir : https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2017/08/voyager-il-y-a-50-ans.html), d'autant que cela fait presque 3 ans que je n'ai rien publié dans cette rubrique (voir : https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2023/08/voyager-il-y-a-50-ans-13.html).
Il y a exactement 50 ans, je quittais la région parisienne où j'ai vécu pendant 1/3 de siècle, pour entamer mon plus long périple en solitaire : quasiment 7 semaines. Direction l'Amérique du Nord.
J'avais découvert ce continent en 1974, lors d'un voyage, au sein d'un groupe d'une petite dizaine de participants, en Californie. Assez bonne introduction au mode de vie américain (le fameux "american way of life" qui en faisait rêver plus d'un) ; par exemple, c'est à cette occasion que j'ai découvert les McDonald's. Cette fois-ci le programme était nettement plus ambitieux : de l'Atlantique au Pacifique et retour.
Pour le voyage de 1976, j'avais emporté un cahier à spirales de 180 pages où j'avais noté le maximum d'informations touristiques au sens large et avec lequel j'ai consigné mon voyage au jour le jour ; ce qui me permet d'être très précis 50 ans après. Il existait peu de guides touristiques au sujet des deux pays que j'allais parcourir. Par ailleurs, les États-Unis ne possèdent pas de bureau d'informations touristiques à Paris à la différence de la plupart des autres pays ; donc : pas de brochures pour le touriste potentiel. Par conséquent, j'ai recopié des cartes et des informations sur divers guides et je les ai collées sur ce cahier. Néanmoins, j'avais découvert qu'une société pétrolière (Texaco) fournissait - gratuitement - les cartes routières de TOUS les États ; je m'y suis rendu (Lexington Avenue x East 4nd Street) et j'ai fait mes emplettes. Par contre, le bureau parisien d'informations touristiques du Canada a été généreux. J'ai gardé des documents et, surtout, les cartes qui n'ont pas pris beaucoup de rides et dont je me suis encore servi en 2024 dans le Nord-Est des États-Unis. Petit résumé du périple : https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2024/09/les-etats-unis-48-ans-plus-tard.html.
Le 18 juillet, je me suis levé à l'aube (4h15 !) pour aller chercher, à Paris (je résidais, alors, en proche banlieue), un bus qui m'a emmené à l'aéroport de Bruxelles pour mon vol charter vers New-York (13h15 - 16h35 heures locales). Petite explication pour ceux qui n'ont pas connu ce mode de transport aérien à bas coût (que j'évoque dans l'article d'août 2017 signalé plus haut) : un "voyagiste" ( en l'occurrence la F.M.V.J.) réservait un avion entier à un prix cassé pour effectuer un itinéraire donné ; à charge pour l'entreprise de le remplir soit avec des touristes effectuant un circuit complet tout compris, soit pour un "vol sec". Rançon du prix modique (1 700 francs soit environ 255 euros A/R) : pour des raisons administratives, l'avion ne pouvait pas partir de France ; il se pouvait que le trajet ne soit pas le plus direct (ce qui fut le cas en 1972 : https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2023/02/chili-1972.html).
En posant le pied sur le sol des États-Unis, j'ai perdu beaucoup de temps avant de passer l'U.S. Customs and Border Protection (comme au Canada, douanes et police aux frontières sont fusionnées dans un même service) : manque de personnel, flots de voyageurs, indiscipline des touristes, etc. Bref : j'avais réservé un hôtel et un bus pour m'y conduire mais ce dernier est parti sans moi et, quand je suis, enfin, parvenu à l'hôtel, ma place avait été prise. J'ai donc erré pendant un certain temps dans les rues de "la grosse pomme" avant de trouver un lit au "plan B" : une des auberges de jeunesse de la ville. Résultat, j'avais fait le tour de l'horloge quand je me suis couché.
Par contre, quand je passerai la frontière entre les États-Unis et le Canada, à l'autre bout du continent, 10 jours plus tard, les formalités seront rapides. Cependant, les employés de l'Agence des Services Frontaliers du Canada seront tout heureux de découvrir un passeport français car tous les autres voyageurs étaient soir canadiens, soit étatsuniens et ne présentaient que des titres d'identité très divers (il suffisait que le document possède une photo). Enfin, en repassant la frontière, fin août, entre Montréal et New-York, je suis le seul dont le sac n'a même pas été ouvert.
Après avoir passé 1 jour et demi à New-York, j'ai entamé mon périple. Avant de partir, j'avais acheté un forfait de 30 jours sur le réseau des bus Greyhound (le lévrier) pour la modique somme de 175 dollars (850 francs soit environ 130 euros) car, à cette époque, cette gigantesque société de transport par bus desservait tout le territoire des États-Unis et la majeure partie du sud du Canada. Bien évidemment, 30 jours n'étaient pas suffisants pour aller de ville en ville pendant 6 semaines mais, à la fin de mon périple, les distances étaient plus courtes : j'ai fait du stop avec des résultats inégaux et j'ai emprunté des bus quand je ne pouvais pas faire autrement.
Je possédais une carte internationale des Auberges de Jeunesse (A.J. ; voir : https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2018/08/voyager-il-y-a-50-ans-4.html) ainsi que le guide international des A.J. Comme c'était l'année des Jeux Olympiques de Montréal, des A.J. temporaires avaient été installées dans tout le Canada. J'avais, aussi, acheté, auprès de la N.A.S.C. des bons ("vouchers") pour 5 nuits ; certains me serviront. Certaines auberges se situaient dans les Y.M.C.A. (ne pas confondre avec la célèbre chanson ; il s'agit de l'Association Chrétienne des Jeunes Gens - association protestante - qui gérait des sortes d'A.J. plus luxueuse. J'ai donc calqué mon itinéraire sur les possibilités de logement et je n'ai passé qu'une seule nuit à la belle étoile (réveillé, de bon matin, par la pluie) ; plus 3 nuits dans des bus lors de parcours de très longue distance, 1 nuit à l'hôtel et 2 nuits dans un chalet du parc du Yellowstone avec 4 autres touristes. Voir, aussi : https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2023/07/voyager-il-y-a-50-ans-12.html et https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2023/08/voyager-il-y-a-50-ans-13.html.
Comme j'effectuais un voyage itinérant, en changeant de lieu quasiment tous les jours, j'avais mis toutes mes affaires dans mon gros sac à dos qui pouvait stocker une vingtaine de kilos. Il a souffert pendant ce voyage mais, étant constitué de grosse toile, il a tenu le coup. Il contenait mon duvet, un sac de couchage, mes vêtements pour plus de 6 semaines (mais j'ai lavé en cours de route), une assiette et des couverts, la documentation (qui sera de plus en plus consistante au cours du périple), un gros livre ("L'Empire américain" de Claude Julien), etc. J'avais un petit sac en bandoulière pour la nourriture, l'appareil photo, mon carnet, etc. J'ai réussi à caser quelques cadeaux avant de repartir.
Une des difficultés était de trouver à manger. Certains lieux d'hébergement proposaient un petit-déjeuner ou un repas du soir ; j'ai également utilisé des "street foods" ; quand j'avais bien faim, j'allais au restaurant chinois ; si je restais 2 jours, je faisais mes emplettes et je cuisinais à l'A.J. ; sinon, les bus s'arrêtaient régulièrement et on trouvait toujours des restaurants bon marché dans les gares routières.
Pour l'argent, j'avais emporté une panoplie de moyens de paiement : des dollars américains, des traveller's chèques de l'American Express, des francs français et suisses qu'il fallait changer régulièrement contre des dollars américains puis canadiens (voir : https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2018/08/voyager-il-y-a-50-ans-4.html). Au total, j'ai dépensé 5 500 francs français mais près de la moitié de la somme avait été réglée avant mon départ. Je cachais mes sous et je n'ai jamais eu de problème. Par contre, à la fin, il a fallu compter pour éviter de se trouver "à sec" et, donc, ne pas trop dépenser en souvenirs.
A suivre.
Le pays du multilinguisme
Il s'agit du pays où les transports en commun sont totalement gratuits sur l'ensemble du territoire (voir : https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2026/07/le-pays-ou-les-transports-en-commun-sont-gratuits.html). Vous avez séché ? Je vous donne la réponse : il s'agit du Grand-Duché du Luxembourg.
Ce pays, membre de l'Union Européenne dès l'origine (à la naissance de la C.E.C.A. en 1951) est avant-dernier pour la superficie : 2 546,4 km² et pour la population : 690 000 habitants (au dernier rang, on trouve la République de Malte). Cet État est donc 2 fois moins étendu que la Sarthe mais plus peuplé que notre département ce qui lui donne une densité élevée (267 habitants/km²). En fait, l'essentiel de la population se situe dans le sud qui possède (ou possédait) un triple avantage : des terres souvent plus fertiles (le "Gutland" : "bon pays") ; un bassin ferrifère, point de départ de l'industrie sidérurgique aujourd'hui démantelée ; une capitale (Luxembourg) qui, non seulement, abrite toutes les fonctions administratives du pays mais est, également, une "capitale européenne" (sur le plateau du Kirchberg), un grand centre financier international et attire les touristes par un site spectaculaire.
Les Luxembourgeois représentent à peine plus de 50% de la population totale (et, parmi eux, il y a des descendants d'étrangers). Les étrangers les plus nombreux sont les Portugais (près de 90 000 soit près de 15 % de la population résidente), les Français (environ 50 000), les Italiens (environ 25 000), les Belges. Il s'agit, sans aucun doute, du pays de l'U.E. qui accueille le plus fort pourcentage d'étrangers mais ceux-ci sont, dans leur grande majorité, originaires d'Europe.
Cependant, à cette population résidente, il faut ajouter une masse considérable de travailleurs frontaliers arrivant quotidiennement d'Allemagne (environ 50 000), de Belgique (idem) et, surtout, de France (126 500 en 2025) ce qui explique les déplacements considérables enregistrés, aux heures de pointe.
Ceci est une des explications mais pas la principale du multilinguisme existant dans ce pays. Cette multiplicité des langues parlées et écrites se manifeste de façon originale ; en effet, il n'existe pas de minorités linguistiques régionales mais chaque habitant parle généralement plusieurs langues qu'il utilise au gré des circonstances.
La langue nationale est le luxembourgeois (Lëtzebuergesch). Il s'agit d'une langue germanique parlé, également, dans certaines régions de Belgique, de France et d'Allemagne.
On voit que le francique luxembourgeois est également parlé dans les régions d'Arlon et Saint Vith, en Belgique, dans le pays de Thionville en France et dans une partie de l'Allemagne située surtout au nord-est du Luxembourg.
Le luxembourgeois est une des variantes du francique ; une autre est le francique mosellan parlé dans le nord est de la Moselle (par exemple dans les arrondissements de Forbach, Sarreguemines, Sarrebourg) où il est nommé platt qu'il ne faut pas confondre avec l'alsacien. Le luxembourgeois a subi une importante influence du français comme le montre cette inscription à la sortie d'un magasin : "äddi a merci" qui signifie "au revoir et merci" mais il vaut mieux avoir une bonne connaissance de l'allemand pour le comprendre (du moins à l'écrit). Le luxembourgeois est parlé quotidiennement à la fois par ceux dont les ancêtres sont luxembourgeois mais, également, par les étrangers venant de territoires parlant le "platt" ainsi que par des étrangers ou personnes d'origine étrangère qui se sont assimilés. Quand nous étions au Luxembourg, nous avons souvent croisé des groupes scolaires : les enseignants parlaient luxembourgeois entre eux et avec leurs élèves dont l'origine était pourtant diversifiée.
Le français est la langue des écrits officiels ("le français fait loi") mais, également des panneaux routiers (le nom des lieux est souvent traduit en luxembourgeois) et est encore largement dominant dans les devantures. Cependant, quand le français est traduit d'une autre langue (par exemple sur les informations touristiques), on trouve trop souvent des fautes de syntaxe ou d'orthographe ; de même, dans les offices de tourisme, on avait parfois l'impression que nos interlocuteurs maîtrisaient mal notre langue. Il est vrai que l'on a peu vu de touristes français au Luxembourg.
L'allemand est très présent dans les régions frontalières de l'est du pays ; il arrive que certains panneaux d'information touristique de ces régions soient rédigés uniquement en allemand. La presse est majoritairement germanophone.
L'anglais est utilisé essentiellement dans les informations touristiques et dans les institutions de l'U.E. Le portugais est entendu dans la rue de certaines villes possédant une forte minorité lusophone et lu dans certaines églises catholiques. Le néerlandais se retrouve, parfois, dans des panneaux d'information touristique ce qui s'explique par le fait que les touristes néerlandais et flamands sont très nombreux dans le pays.
Moien !
J'en profite pour légender les photos des 3 lieux illustrant l'article précédent consacré à ce pays : la ville de Luxembourg/Lëtzebuerg, Vianden/Veianen, Esch sur Sûre/Esch-Sauer.
Subventions (compléments)
Suite de mes 2 articles généraux : https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2026/07/subventions.html et https://gerard-fretelliere.over-blog.com/2026/07/subventions-suite.html
J'ai étudié dans le détail l'évolution des subventions aux associations, clubs, syndicats et divers organismes. J'ai laissé de côté l'aide à l'enseignement privé. Quel est le constat ?
Dans la majorité des cas, la subvention demeure identique à celle accordée en 2025. L'an passé, il est fort probable que les subventions n'avaient pas été revalorisées par rapport à 2024 (il faut que je vérifie). Comme je l'ai écrit, par ailleurs, la tendance est, sur une période de 20 ans, au mieux le gel (donc une baisse si on tient compte de l'inflation) au pire, certaines années, une baisse (en général 5%). Bref, laisser entendre que les subventions nous ruinent est mensonger.
J'ai donc regardé les hausses et les baisses. Ces dernières sont plus fréquentes que les hausses et, surtout, on atteint, dans certains cas, des sommes considérables. Le maire pourra toujours rétorquer qu'il y a une raison précise à chaque hausse et à chaque baisse, il n'empêche : le volume global des subvention a nettement baissé.
Le triste record (mais il paraît que la municipalité Leudière avait prévu la même purge) concerne l'Entracte : - 125 000 euros. Ensuite, le Comité Communal d'Action Sociale (CCAS) qui perd 67 500 euros. J'avoue ne pas comprendre du tout. Sur la dernière marche du "podium" : le C.F.S.R. qui perd 20 000 euros.
Dans le domaine culturel, la tendance est, en général, à la baisse. Baisses minimes des 20 euros (Comité de jumelage ou Batterie fanfare des pompiers) ou baisses nettement plus conséquentes (- 750 pour le Musée de l'Homme Volant créé par un ancien adjoint à la culture et - 760 pour l'Orchestre d'Harmonie) ; entre les deux, on constate une baisse de 500 euros pour Sablé Danse Mania, de 400 pour la Band'Amis ou - 200 pour l'Atelier du Temps Libre, les Amis des Orgues et la Casa Feliz. Exceptions particulièrement nettes : + 1 000 euros pour Maine Sciences (mais le Conseil Régional avait raboté sa subvention) et + 4 000 pour l'Atelier Malicot (il s'agit d'une subvention spécifique sans doute liée à un évènement)
Pour le "social" outre le C.C.A.S., on constate plusieurs baisses un peu surprenantes comme les - 500 alloués au Secours Catholique, à Vie Libre et au Foyer du Temps de Vivre. Par contre, 4 associations qui n'avaient aucune subvention en 2025 (soit parce qu'elles étaient nouvelles, soit parce qu'elles étaient en sommeil) obtiennent une aide significative : le C.I.C.S. (association très liée à la majorité municipale) récupère 2 750 euros et un local ; Cultivons le Mieux Manger a 2 000 euros, le C.I.D.F.F. 700 et l'Escale en Pays sabolien 250 euros.
En ce qui concerne le sport, on s'y perd un peu car si certains clubs perdent des subventions, il arrive qu'ils en gagnent dans des subventions spécifiques (formation des jeunes, manifestation sportive, aide à l'emploi) mais on a quand même l'impression qu'une dizaine de clubs y perdent. Est-ce parce que le nombre de licenciés a baissé, est-ce à cause des mauvais résultats ???
Enfin, on remarque une baisse minime mais quasi systématique pour des associations patriotiques ou de jeunesse.
Je tiens à disposition de qui le souhaite le détail des subventions. Le jour où j'aurai le temps (et les quelques documents qui me manquent) je réaliserai un tableau sur 25 ans.
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